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Le héros discret qui aide à prévenir les accidents d’ascenseur : le circuit de sécurité

Le héros discret qui aide à prévenir les accidents d’ascenseur : le circuit de sécurité

Le circuit de sécurité vérifie les conditions nécessaires au déplacement d’un ascenseur. Découvrez le rôle des serrures, des contacts de protection, du limiteur de vitesse et du contrôle du frein, ainsi que les possibilités et les limites de la sécurité électronique.

Le circuit de sécurité d’un ascenseur est le système électrique de sécurité qui autorise le déplacement uniquement lorsque les conditions de protection requises sont réunies. Si une condition surveillée disparaît, il interdit le démarrage ou déclenche la réaction de sécurité prévue. Il relie ainsi l’état des portes et des dispositifs de protection aux équipements qui commandent le mouvement.

Les passagers remarquent la cabine, son éclairage et ses boutons. Ils voient rarement cette chaîne de sécurité, pourtant déterminante pour autoriser ou interrompre un déplacement. L’image du héros discret traduit bien son utilité, à condition de rappeler que la prévention repose sur plusieurs protections coordonnées. Aucun circuit ne remplace à lui seul la sécurité mécanique, une installation correcte et un entretien adapté.

Sommaire

  1. Quelle différence entre commande normale et circuit de sécurité ?
  2. Comment fonctionne une chaîne de sécurité traditionnelle ?
  3. Serrures de portes : fermer et verrouiller sont deux conditions différentes
  4. Pourquoi le rideau lumineux ne remplace-t-il pas la serrure ?
  5. Les principaux dispositifs et leurs rôles
  6. Limiteur de vitesse, parachute et circuit électrique
  7. STO et frein : des fonctions à ne pas confondre
  8. PESSRAL et sécurité électronique
  9. Un ascenseur peut-il bouger avec les portes ouvertes ?
  10. Que signifie réellement un défaut de circuit de sécurité ?
  11. Un entretien qui conserve la fonction de protection
  12. Quel est le rôle des normes EN 81-20 et EN 81-50 ?
  13. Questions fréquentes

Quelle différence entre commande normale et circuit de sécurité ?

La commande normale traite les appels, choisit l’étage à desservir et organise la séquence de déplacement. Le système de sécurité vérifie si les conditions permettant ce déplacement sont présentes. Un appel d’étage ou une consigne envoyée au variateur ne doit donc pas suffire à faire fonctionner un ascenseur dans une situation incompatible avec ses protections.

La directive européenne relative aux ascenseurs exprime ce principe à l’annexe I, point 1.6.4 : les mouvements doivent dépendre de dispositifs électriques de sécurité intégrés dans un circuit de sécurité électrique séparé. Il s’agit d’une exigence fonctionnelle, pas d’un schéma universel de câblage. (Directive européenne relative aux ascenseurs)

Pour examiner une fonction de protection, il faut suivre toute la chaîne : quel dispositif détecte la situation, comment son information est évaluée et quel organe empêche physiquement le mouvement dangereux. Une indication correcte à l’entrée du contrôleur ne démontre qu’une partie du fonctionnement attendu.

Comment fonctionne une chaîne de sécurité traditionnelle ?

Dans une architecture conventionnelle, les contacts de sécurité concernés sont raccordés en série. Lorsque les conditions requises pour la marche normale sont réunies, le circuit est établi. L’ouverture d’un contact retire l’autorisation associée à cette chaîne. Selon la conception, des relais de sécurité, des contacteurs et des entrées de sécurité du variateur participent ensuite à la réaction prévue.

Prenons un exemple explicatif : une porte palière se ferme, mais sa serrure n’atteint pas la position de verrouillage requise. La confirmation électrique correspondante doit rester absente, ce qui empêche le départ normal. Ce refus de démarrer constitue alors une réaction protectrice ; il ne permet pas, à lui seul, d’identifier la cause du mauvais verrouillage.

Le montage en série présente notamment l’intérêt qu’une rupture de conducteur peut supprimer l’autorisation. En revanche, un court-circuit contournant un contact peut masquer son ouverture. La sécurité dépend donc aussi du comportement face aux défauts, de l’intégrité du câblage et de l’architecture retenue. Le nombre de contacts ne suffit pas à qualifier le système.

Serrures de portes : fermer et verrouiller sont deux conditions différentes

La serrure d’une porte palière contribue à empêcher l’accès à la gaine lorsque la cabine se trouve ailleurs. Elle associe un verrouillage mécanique à une surveillance électrique de l’état requis. La porte de cabine possède sa propre surveillance. Ces fonctions doivent être distinguées dans les schémas, les offres techniques et les rapports d’entretien.

Pour le fonctionnement normal, la directive impose que les portes palières soient fermées et verrouillées avant le départ. Elle encadre également leur ouverture pendant le déplacement et prévoit une exception limitée pour certaines opérations de nivelage surveillées. (Exigences relatives aux portes, annexe I)

Une porte visuellement fermée peut présenter un défaut d’alignement ou un engagement insuffisant de la serrure. Inversement, une information électrique ne doit pas être interprétée indépendamment de l’état mécanique réel. L’examen utile porte sur les deux aspects : le verrouillage effectif et la confirmation qui lui est associée.

Les contacts de porte à ouverture positive constituent une catégorie de composants utilisée dans les ascenseurs. Leur construction mécanique d’ouverture ne doit pas être assimilée au fonctionnement de n’importe quel capteur de position. Le choix reste lié au dispositif et à son application approuvée. (Contacts de porte Schmersal)

Pourquoi le rideau lumineux ne remplace-t-il pas la serrure ?

Un rideau lumineux détecte un obstacle dans le passage de porte et intervient dans la fonction de réouverture. Le verrouillage de porte palière répond à une autre question : l’accès à la gaine est-il sécurisé dans l’état de fonctionnement considéré ? Ces protections sont complémentaires. (Documentation CEDES sur la réouverture des portes)

Dire que la porte se rouvre correctement devant un obstacle ne prouve pas le bon fonctionnement de la surveillance de serrure. De même, un verrouillage correctement surveillé ne valide pas la détection d’un passager dans l’ouverture. Séparer ces fonctions aide à éviter qu’une rubrique générale « sécurité des portes » ne dissimule une vérification manquante.

Les principaux dispositifs et leurs rôles

La composition exacte dépend de la conception de l’ascenseur. Les distinctions suivantes facilitent la lecture d’un dossier technique et les échanges entre propriétaire, installateur et entreprise d’entretien.

Dispositif ou fonctionRôle principalDistinction essentielle
Serrure de porte palièreVerrouiller l’accès et surveiller son étatPlus qu’un signal de porte fermée
Contact de porte de cabineSurveiller la condition requise de la porteDifférent de la détection d’obstacles
Dispositif d’arrêt en cuvette ou sur le toit de cabineDéclencher l’arrêt prévuNe réalise pas une consignation électrique
Fonction de limite finale de courseProtéger contre un déplacement excessifDistincte de l’arrêt normal à l’étage
Limiteur de vitesse et parachuteDétecter la survitesse et assurer la protection mécanique associéeDeux dispositifs aux rôles coordonnés
Surveillance du freinContrôler le retour d’état définiNe mesure pas nécessairement le couple de freinage

Des systèmes électroniques de surveillance de position peuvent réaliser des fonctions de limite finale et de limite en inspection dans une architecture de sécurité définie. Un équipement moderne ne comporte donc pas nécessairement un interrupteur mécanique individuel pour chaque fonction figurant sur un ancien schéma. (Documentation ELGO sur les fonctions de sécurité)

L’évaluation doit comparer les fonctions nécessaires à leur réalisation effective. Compter les interrupteurs visibles ne suffit pas, et la présence d’une commande récente ne démontre pas automatiquement la couverture de toutes les protections.

Limiteur de vitesse, parachute et circuit électrique

Dans un système de traction traditionnel, le limiteur de vitesse réagit à une vitesse excessive et peut actionner le parachute par son dispositif mécanique associé. Le parachute agit sur les guides. Le contact électrique de survitesse peut interrompre la chaîne de sécurité, mais cette action électrique reste distincte de l’arrêt mécanique. (Documentation technique Dynatech)

Il est donc inexact d’affirmer que le circuit de sécurité serre lui-même les guides. Il est tout aussi incomplet de présenter la suppression d’une commande moteur comme une protection contre tous les mouvements incontrôlés. Les éléments qui arrêtent et retiennent physiquement la cabine doivent être adaptés au risque et associés à la détection correspondante.

Le mouvement incontrôlé de cabine, souvent désigné par UCM, mérite une analyse spécifique. Un départ de la zone palière avec les portes ouvertes peut devenir dangereux avant qu’une survitesse classique soit atteinte. Un projet doit préciser le mode de détection, l’organe d’arrêt et la validation de leur fonctionnement combiné.

Pour l’acheteur, la question utile est concrète : quel élément détecte le déplacement et quel élément immobilise réellement la cabine ? Une indication générale « chaîne de sécurité correcte » ne répond pas à cette question et ne décrit pas les conditions de réarmement après déclenchement.

STO et frein : des fonctions à ne pas confondre

La fonction Safe Torque Off, ou STO, empêche le variateur de produire le couple moteur par sa fonction de sécurité. Elle ne réalise pas une isolation électrique et ne suffit pas, à elle seule, à empêcher un mouvement dû à une force extérieure. (Guide Danfoss sur la fonction STO)

Dans un ascenseur à traction, la cabine et le contrepoids forment un ensemble mécanique chargé. Retirer le couple moteur ne crée pas un effort de maintien. Le frein et les autres protections requises doivent donc remplir leurs rôles dans la conception validée. La coordination entre fonctionnement du variateur, desserrage et serrage du frein est essentielle.

Le retour d’information du frein doit également être interprété avec précision. Un dispositif peut confirmer le déplacement d’un mécanisme ou un état de commutation sans mesurer directement le couple disponible sur les surfaces de friction. Mayr décrit notamment des technologies de surveillance de commutation et de mouvement du disque d’induit. (Surveillance des freins Mayr)

La conséquence technique est qu’un retour d’état satisfaisant ne remplace pas les inspections et essais fonctionnels exigés par le fabricant du frein. La formule « frein surveillé » n’est réellement informative que si l’état contrôlé et les limites de la surveillance sont identifiés.

PESSRAL et sécurité électronique

PESSRAL désigne les systèmes électroniques programmables utilisés dans les applications liées à la sécurité des ascenseurs. Dans une conception évaluée de manière appropriée, le traitement électronique et les informations de position peuvent contribuer aux fonctions de protection. Leur utilisation doit respecter le domaine approuvé et les instructions d’intégration.

CEDES documente, par exemple, une association iDiscovery et APS comportant des fonctions liées à la position et à la détection des mouvements incontrôlés de cabine. Ces possibilités concernent la configuration décrite ; elles ne caractérisent pas toutes les commandes électroniques d’ascenseur. (Manuel de sécurité CEDES iDiscovery)

Une liaison CAN ordinaire, une entrée d’automate ou un tableau de surveillance à distance ne constitue pas automatiquement une fonction de sécurité. Il faut considérer les capteurs, les communications, la configuration, le traitement des défauts et les sorties finales. Les diagnostics facilitent l’analyse, mais l’action protectrice ne doit pas attendre la lecture d’une notification.

Un ascenseur peut-il bouger avec les portes ouvertes ?

Pendant une course normale, les conditions de porte requises doivent être satisfaites. Certains ascenseurs réalisent toutefois un nivelage ou un renivelage contrôlé, portes ouvertes, dans une zone palière définie. La directive reconnaît cette situation limitée lorsque la vitesse de nivelage est maîtrisée. (Mouvements de nivelage prévus par la directive)

L’affirmation « une porte ouverte interdit absolument tout mouvement » est donc techniquement incomplète. L’exception correspond à une fonction conçue avec des protections particulières. Elle n’autorise pas à neutraliser les serrures pour la circulation normale des passagers.

Les modes d’inspection, les opérations d’urgence et le dégagement des personnes possèdent également leurs propres exigences. Leur accès et les mouvements autorisés doivent respecter les procédures documentées de l’installation. Leur existence ne justifie jamais un pontage improvisé des protections.

Que signifie réellement un défaut de circuit de sécurité ?

Un message de défaut indique un état observé, pas nécessairement une panne de la carte de commande. Une serrure, un interrupteur de protection, un câble, une connexion ou une séquence surveillée peuvent être concernés. Un diagnostic utile commence par les circonstances : étage, direction, mode, moment du défaut et succession des informations enregistrées.

Si une interruption revient à un seul étage pendant la fermeture, elle oriente l’analyse différemment d’interruptions apparaissant à diverses positions pendant le trajet. Il s’agit d’hypothèses de diagnostic, pas de causes confirmées. Le technicien compétent doit les confronter aux schémas et aux procédures propres à l’installation.

Les caractéristiques électriques varient aussi selon le produit. ARKEL indique une tension de circuit de sécurité de 110–230 V CA pour l’ARCODE référencé. Un circuit de commande ne doit donc pas être présumé fonctionner sous une très basse tension inoffensive. (Caractéristiques ARKEL ARCODE)

Des réinitialisations répétées risquent de faire perdre des informations ou de rétablir le service sans expliquer l’événement. Un rapport pertinent relie l’état observé, la cause confirmée, l’action corrective et la vérification avant remise en service. Une course réussie après redémarrage n’explique pas le défaut initial.

Un entretien qui conserve la fonction de protection

L’entretien doit associer condition mécanique et confirmation électrique. L’alignement des portes, l’engagement des serrures, la fixation des composants, l’état des câbles et la réaction de la commande appartiennent au même examen technique. Une simple continuité électrique ne suffit pas à valider l’ensemble de l’ascenseur.

Le HSE britannique a publié une alerte concernant des plateformes élévatrices touchées par un entretien insuffisant des portes, un mauvais réglage des serrures et des interventions sur les commutateurs de contournement. Cette alerte concerne les plateformes ; elle ne constitue pas une statistique d’accidents pour tous les ascenseurs. (Alerte HSE sur les plateformes élévatrices)

Pour un contrat d’entretien, il est utile de préciser les fonctions couvertes, les instructions utilisées, les enregistrements conservés et la procédure de traitement des défauts. Entretien et examen indépendant poursuivent également des objectifs différents. Les obligations et intervalles dépendent du cadre national ; le guide HSE fournit un exemple britannique. (Guide HSE sur l’examen des ascenseurs)

Lors d’une modernisation, le fournisseur doit documenter la compatibilité de la nouvelle commande avec les portes, le variateur, le frein, le système de position et les dispositifs de sécurité existants. Le certificat d’un composant ne démontre pas, à lui seul, la correction de toutes les interfaces de l’installation assemblée.

Quel est le rôle des normes EN 81-20 et EN 81-50 ?

L’EN 81-20:2020 traite de la sécurité de construction et d’installation des ascenseurs neufs pour personnes et charges accompagnées dans son domaine d’application. Elle fournit le contexte général des protections du système. (Présentation BSI de l’EN 81-20)

L’EN 81-50:2020 porte sur les règles de conception, calculs, examens et essais des composants d’ascenseur auxquels renvoient les normes concernées. Son rôle est distinct de celui de l’EN 81-20. (Présentation BSI de l’EN 81-50)

Ces références ne permettent pas d’affirmer que tout ascenseur, toute plateforme et toute modernisation suivent les mêmes règles dans chaque pays. Il faut établir la juridiction, la classification de l’équipement, sa date d’installation et le périmètre du projet. Les présentations publiques citées expliquent les domaines d’application ; elles ne remplacent pas les textes techniques complets.

Questions fréquentes

Une chaîne fermée prouve-t-elle que l’ascenseur est entièrement sûr ?

Non. Elle renseigne sur les conditions qu’elle représente dans son état actuel. L’intégrité mécanique, le réglage, la détection des défauts et l’efficacité des dispositifs d’arrêt doivent aussi être évalués dans les différents modes de fonctionnement.

La cabine s’arrête-t-elle instantanément si le circuit s’ouvre ?

Un arrêt physique exige un temps et une distance. Le résultat dépend de la réaction de sécurité validée et des équipements d’arrêt. Une valeur universelle serait trompeuse sans préciser la conception et les conditions d’essai.

Peut-on réparer un défaut en pontant définitivement un contact ?

Un pontage peut masquer la situation que le contact doit surveiller. Rétablir ainsi une disponibilité apparente ne répare pas la panne. Il faut identifier la cause et restaurer la fonction protectrice par une intervention autorisée.

Que doit retenir le propriétaire du bâtiment ?

Le circuit de sécurité transforme des conditions de protection en autorisation de mouvement. Son efficacité repose sur une intégration correcte avec les portes, l’entraînement, les freins et les protections mécaniques, accompagnée d’un entretien documenté. Un refus de démarrer peut correspondre à une réaction de protection normale et doit être examiné en conséquence.

Remplacer une carte de commande, un opérateur de portes ou les dispositifs de sécurité d’un ascenseur existant est un travail d’ingénierie, pas un simple échange de pièces. Nazar Elevator fabrique des systèmes complets et des ensembles de modernisation dans ses usines de Konya et d’İzmir, en Turquie.

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